L'architecture japonaise à l'honneur

Takeshi Hosaka représente la quintessence de l'architecture japonaise contemporaine. Avec pour tonalité le blanc, les formes épurées, minimalistesn presque austères, de ses conceptions architecturales sont tempérées par le «sentiment d'espièglerie» qui prédomine dans ses œuvres. Grâce à leurs formes équilibrées, à la simplicité des lignes, les bâtiments de Takeshi Hosaka exercent une indéniable attraction et créent une ambiance tout en sensibilité et en confort.

Invité début avril 2013 à la Maison de l'Art à Ceské Budjovice en République tchèque pour y exposer ses œuvres, Takeshi Hosaka a aussi donné des conférences à l'université de Liberec. C’est là que nous avons eu la chance de rencontrer cet architecte passionné afin de lui poser quelques questions.

Quels types de matériels de construction et de technologies utilisez-vous pour réaliser vos concepts architecturaux ?

Le choix des meilleurs matériaux est essentiel et exige une attention toute particulière. Pour cela, j’étudie toutes les conditions nécessaires à la bonne réalisation d’un bâtiment comme par exemple l’emplacement de l’immeuble, le climat, l’environnement, les paysages, etc.…

Je crée ensuite une maquette physique pour vérifier tous les problèmes et examiner les zones qui pourraient être améliorées. Je pense que ces réflexions intensives sur le choix des technologies et des matériaux me permettent d'identifier les meilleures solutions pour réaliser mes créations.

Comment voyez-vous les principales tendances de l'architecture et de l'urbanisme ?

L’idée d’une "Ville Moderne", datant du milieu du XXème siècle, reste un concept fort qui continue aujourd’hui d’influencer l'architecture et le design urbain. Les cités modernes poussent comme des champignons. Et nous pouvons constater que les styles architecturaux, les réseaux de transport, les systèmes énergétiques de toutes ces nouvelles agglomérations se ressemblent un peu partout dans le monde.

Pensez-vous que les constructions vertes, comme les revêtements à haute réflexion solaire ou les toits verts, auront une plus grande importance dans les années à venir ?

Dans la plupart des cas, le rôle exact de ce type de construction n'est pas encore bien défini compte tenu des variations climatiques et environnementales de chaque région du monde. Autrement dit, il existe une multitude de façon d'aborder ce type de construction verte avec des technologies différentes suivant la région du monde où l'on se trouve.

Intégrez-vous l’environnement immédiat dans vos réalisations architecturales ?

L'immeuble que j'ai construit, Hoto Fudo, a été conçu pour se fondre dans le paysage. Au Japon, les paysages urbains se ressemblent tous de grands parkings, et le même type de grands bâtiments au bord d’une route. Même une ville touristique comme Kawaguchi, au pied du mont Fuji, a le même type d’architecture.

Je voulais faire évoluer la manière dont le Japon aborde son environnement et proposer une autre approche. Fudo a donc été façonné à l’image de nuages ​​ flottant vers le bas de la montagne. J’ai voulu créer une seule entité entre mon architecture et le paysage extérieur.

Avec quel matériel aimez-vous travailler ?

Ce bâtiment, à l’aspect aérien, est conçu en béton armé et ses formes sont très complexes. Elles ont nécessité une technicité combinant élasticité et résistance, ainsi que l’obligation d’une étanchéité à haute performance. Nous nous sommes naturellement tournés vers les membranes Sika, la meilleure solution compte tenu de la surface de l’édifice.

Il y a-t-il un principe directeur dans votre travail, et si oui, lequel et pourquoi ?

A mon avis, l'architecture doit s'engager activement pour la protection de l'environnement où elle s’insère. La dichotomie entre l'architecture interne et externe est un autre sujet. Les architectes sont perçus comme des créateurs d'intérieurs, mais aujourd'hui, par la découverte des nouvelles relations entre l'intérieur et extérieur, je crois que nous pouvons développer un nouveau mode de design architectural.

Quel est votre rêve en tant que designer ?

Je rêve d'établir les fondations d'une nouvelle forme d'architecture qui durera plus de 100 ans…

Quel est votre matériel préféré ?

Le béton préfabriqué

Comment voyez-vous votre plus grand défi ?

Mon plus grand défi est de chercher de nouvelles relations entre les espaces intérieurs et extérieurs, l'environnement et les paysages. Je suis poussé par l'ambition de créer des structures architecturales qui résisteront à l'épreuve du temps. J'aimerais convaincre les nouvelles générations d'architectes qu'ils sont en mesure de créer de nouveaux concepts urbains, de merveilleuses villes et constructions.

Quels sont vos liens avec Sika ?

Je suis fasciné par l'idée de créer des structures spectaculaires en utilisant du béton préfabriqué. J'aime rencontrer des clients qui partagent cette passion. Le chemin parcouru depuis les premières idées d’une composition architecturale et le produit fini est bordé de nombreux obstacles. Pourtant, avec l'assistance de Sika, j'espère modeler une structure en béton préfabriqué stupéfiante qui sera encore debout au prochain siècle, comme un testament de la génération présente.

Quelles œuvres exposez-vous à České Budějovice en République Tchèque (avril-mai 2013) ?

Il y a d'innombrables esquisses basées sur le concept du "ku u so u" (imagination). Pour trouver de nouvelles conceptions architecturales, je dessine toujours beaucoup de croquis. Même si la plupart de ces dessins sont des tentatives infructueuses, j’y découvre aussi des choses merveilleuses et qui restent.

Cette exposition peut être considérée comme le reflet de mon esprit. Il faut prendre le temps d’examiner ces croquis, fruits de mon imagination, pour accéder pleinement au monde du "Ku u so u". Je voudrais que tout le monde puisse découvrir ce "petit monde" entre conception et réalité architecturale. L’exposition rend compte de ce mystère, ce qui nait de l'imagination et qui deviendra réel dans le monde tangible de l'architecture.