Le cœur de l'hydroélectricité. Islande

Centrale hydroélectrique de Kárahnjúkar

Par un matin glacial dans les montagnes de Fremri-Kárahnjúkar, en Islande, des ouvriers prennent leur quart et pénètrent dans un tunnel qui mène à la centrale hydroélectrique de Kárahnjúkar.

Tout au fond de ce souterrain, six turbines alimentées par des réservoirs d'eau provenant des rivières environnantes tournent sans relâche et produisent 690 mégawatts d'électricité pour la nouvelle usine de fonte d'aluminium construite par Alcoa.

Nous sommes au cœur de l'un des projets industriels les plus importants jamais développé en Islande. Les travaux de la centrale ont duré 5 ans et coûté 1.1 milliard d'euros, cinq barrages et 70 kilomètres de tunnels ont été nécessaires à sa réalisation. C'est l'une des surfaces en béton assimilée à de la roche la plus importante au monde.

Salué en Islande pour ses performances et garanties exceptionnelles en matière de sécurité, ce projet a remporté le prestigieux trophée ‘le Conch’ pour son respect de l'environnement. Aucun déchet n'est enfoui sur site afin d'éviter tout rejet d'eaux usées dans les fjords voisins.

Il faut dire que la production d'aluminium est en passe de devenir en Islande l'une des premières activités industrielles. Or l'aluminium est fabriqué par un procédé électrolytique qui utilise la bauxite comme matière première de base, mais où l'énergie électrique représente entre 20% et 40% du coût de production.

En assurant l'approvisionnement en énergie renouvelable et sans émission, la centrale hydroélectrique de Kárahnjúkar constitue donc un vrai ticket gagnant pour accompagner la diversité économique de l’Islande.

Au cours des travaux d'excavation et de construction de la centrale, les ingénieurs ont utilisé du béton projeté pour le revêtement des murs du tunnel et la stabilisation de la roche : c’était la solution efficace y compris pour les infiltrations d'eau et le gel.

Modifié par des adjuvants, le béton a été pompé sur des centaines de mètres dans les montagnes, puis projeté sur la roche environnante afin d'arrêter les apports d'eau et sécuriser les murs.

Le climat islandais crée des conditions difficiles pour le bétonnage au cours de ces cinq années de construction, les mélanges de certains produits Sika ont été mis à rude épreuve. Mais des produits tels que SikaViscoCrete®-SC305 furent utilisés avec succès pour maintenir l'aptitude du pompage du béton projeté.

"D'autres adjuvants Sika, comme les accélérateurs, ont été mélangés directement sur les murs, car il était impossible de faire autrement", explique Gustav Bracher, ingénieur chez Sika.

Les ouvriers comme les ingénieurs ont dû relever de multiples défis contre les infiltrations excessives d'eau, la pulvérisation sur de longues étendues de roche de béton projeté renforcé de fibres en acier, des injections au sol, ainsi que de la mousse et de l'acier pour soutenir les ouvertures des tunnels géants.

M. Bracher déclare encore : "il était essentiel pour nous, de participer activement aux phases de présélection et de mise en œuvre des tests de ductilité pour le béton renforcé de fibres d'acier". Une logistique performante et sans faille était aussi essentielle, le site étant difficile d'accès.

Pour satisfaire les demandes de son client, Sika a expédié par avion la matière première qui provenait des Etats-Unis et installé des équipements de production pour des accélérateurs liquides. Tout au long des travaux, l'entrepreneur a produit plus de 200 000 m3 de béton projeté avec 6 000 tonnes d'accélérateurs sans alcali et 8 000 tonnes de fibres d'acier Sika®Fiber. Sika a fourni tous les adjuvants pour les 170 000 m3 de béton, mais aussi les systèmes de revêtements de sols Epoxy.

Comme M. Bracher le fait remarquer : "cet immense chantier a mis en exergue toutes les capacités et possibilités des gammes des produits Sika pour un projet majeur."