À PROPOS DU MAROC

Perle de l’Afrique du Nord, voisin de l’Algérie à l’est et de la Mauritanie au sud, le Maroc connaît sous le règne de Mohammed VI une vraie croissance économique et une stabilité politique à long terme qui met l’accent sur les droits de l'homme.

SIKA MAROC

Sika est implantée au Maroc depuis 33 ans et Claude Juillard dirige l’entreprise avec dynamisme depuis 16 ans. L'établissement principal, basé à Casablanca, comprend une salle d'exposition et deux usines de production. La société possède également un bureau à Tanger. Forte de 109 employés, Sika Maroc s’attend à voir sa production atteindre 20.000 tonnes d'ici la fin de l'année.
Lorsque nous avons rencontré Claude Juillard, Directeur général, et Marouane Zohry, Directeur de l'activité Béton & étanchéité, les embruns de l’océan atlantique voltigeaient dans l’air de Casablanca.

Le monde entier connait Casablanca, notamment grâce au film de Michael Curtiz avec Humphrey Bogart et Ingrid Bergman. Mais la cité a beaucoup changé au cours des dernières décennies, c’est maintenant la plus grande ville du Maroc.

EST-IL VRAI QUE CASABLANCA A TIRÉ SON NOM DE SES NOMBREUSES MAISONS BLANCHES, COMME MARRAKECH A SES MAISONS ROUGES ? OU BIEN Y A-T-IL QUELQUE CHOSE D'AUTRE DERRIÈRE CE NOM ?

Quand les Français ont conquis la ville de Casablanca au début des années 1900, ils ont transformé le port marocain historique en architecture classique coloniale qui devait être immortalisée dans le film Casablanca.

Dans les décennies qui ont suivi la sortie du film, le développement immobilier et la spéculation ont refaçonné la ville. Les défenseurs de l'environnement se sont tourmentés quant à l’avenir des façades coloniales françaises qui s'effondraient, des détails néo-maures, et des vieux hôtels  d'Art déco.

En effet, à la faveur de la croissance économique rapide de cette époque, les promoteurs immobiliers achetaient des propriétés historiques pour les démolir et faire place à des constructions neuves.

Aujourd’hui, grâce au tramway et au processus global de modernisation de la ville,  Casablanca rentre dans une nouvelle phase. Cela étant dit, l'urbanisation a tendance à être de plus en plus authentique et protectrice du vieux style tout en embrassant un  mode de vie moderne. Casablanca est devenue l’une des quatre principales villes d'Afrique.

Nous ne pouvons pas manquer de mentionner la magnifique Mosquée Hassan II, une des plus grandes moquée du monde. La construction de ce bâtiment phénoménal a employé  pas moins de 6.000 artisans marocains et coûté plus d'un demi-milliard de dollars, payé en grande partie par souscription publique.

Casablanca bénéficie d'un certain nombre de belles plages, de parcs attrayants le long de la mer. C’est une métropole vibrante, tentaculaire, qui est résolument tournée vers l'avenir.

EST-IL VRAI QUE CASABLANCA A TIRÉ SON NOM DE SES NOMBREUSES MAISONS BLANCHES, COMME MARRAKECH A SES MAISONS ROUGES ? OU BIEN Y A-T-IL QUELQUE CHOSE D'AUTRE DERRIÈRE CE NOM ?

Au 12ème siècle un village berbère Amazigh Anfa’ occupait le site actuel de Casablanca. C’était une base de pirates qui attaquaient les navires chrétiens. La vieille ville a été détruite par les Portugais en 1468, puis ils sont revenus dans la région en 1515 et ont construit une nouvelle ville appelée Casa Branca ("Maison Blanche") qui a été abandonnée en 1755 après un tremblement de terre dévastateur. Mais le sultan 'Alawī Sīdī Muhammad ibn' Abd Allâh a reconstruit la ville à la fin du 18ème siècle, et ce sont les marchands espagnols qui l'ont nommée Casablanca.

LE MAROC ET LES ETATS VOISINS DU MAGHREB OFFRENT UN ENVIRONNEMENT POLYVALENT TRÈS STIMULANT POUR DES ENTREPRISES MULTINATIONALES. QUE PENSEZVOUS DE CES OPPORTUNITÉS ?

L’essor du secteur de la construction a joué un rôle primordial dans l’évolution économique du Maroc. Le gouvernement a investi dans des projets majeurs et soutenu de multiples initiatives pour établir des zones franches au Maroc.

Grâce à la loi de 1994, ces zones sont exemptées de la réglementation douanière et des prélèvements associés à l'exportation industrielle et commerciale. L'existence de ces zones est une vraie chance pour Sika Maroc car elle stimule pour toutes les entreprises installées ici la construction d'infrastructures.

Le pays dispose de nombreux atouts qui permettent d’envisager une stratégie économique à long terme. Il y a en tout premier lieu l’environnement politique stable, mais aussi le Pacte National pour l'Emergence Industrielle, dont l'objectif est la revitalisation de certains secteurs de l'industrie.

Face aux défis d'une économie mondiale en constante évolution, le pacte vise à construire un secteur industriel fort et à créer un cercle vertueux de croissance. L'Etat et le secteur privé ont scellé cette alliance par la signature d'un contrat programme couvrant la période 2009-2015.

En consolidant leurs engagements mutuels en un seul document, les partenaires apportent aux investisseurs la visibilité nécessaire sur les changements de la future industrie Marocaine.

Le pacte d'émergence définit les cibles spécifiques pour leur contribution au PIB, à l'exportation et à l'emploi dans six secteurs ayant un potentiel de croissance élevé : l'aéronautique, l'offshoring, l'alimentation, le textile, l'électronique et l’automobile.

LE RALENTISSEMENT DE L'ACTIVITÉ EN EUROPE, PRINCIPAL PARTENAIRE ÉCONOMIQUE DU ROYAUME ET LA BAISSE DE LA PRODUCTION AGRICOLE, ONT FREINÉ LA CROISSANCE DU MAROC. QUELLES SONT LES PERSPECTIVES À VOTRE AVIS ?

Selon le Haut-Commissariat au Plan, le PIB marocain a augmenté de 4,30% en glissement annuel au deuxième trimestre 2013. Toutefois, le Maroc devra à l'avenir faire face à de nouveaux défis. Il y a trop peu de signes de modernisation ou de restructuration dans le secteur du bâtiment.

Les acteurs du marché de la construction au Maroc sont encore relativement hétérogènes. Dans la majorité des cas, le mélange des travailleurs et des méthodes témoignent des niveaux de compétence technologique différents.

Sans parler de certaines pratiques sans scrupules ni des marchés parallèles qui restent monnaie courante. Dans ce contexte difficile, Sika Maroc a renforcé ses engagements en matière de qualité et réaffirmé ses normes éthiques inébranlables pour rester leader sur ce marché.

La relation établie avec nos clients et partenaires, les petits détaillants et les quincailleries, les artisans et les petites entreprises, est la pierre angulaire de ce succès. Le prochain défi à relever pour le Maroc est d'assurer une transition vers un marché plus normalisé et réglementé. Sika Maroc travaille tous les jours dans ce sens.

QUEL RÔLE PEUT JOUER SIKA DANS LE DÉVELOPPEMENT DU MARCHÉ DE LA CONSTRUCTION AU MAROC ?

Au-delà de l'investissement public, le secteur de la construction attire un grand nombre d'investisseurs privés. En 2011, l'investissement direct étranger (IDE) dans le secteur de la construction représentait 32% du total des IDE au Maroc. En dépit des difficultés actuelles, c’est toujours le premier secteur d'embauche dans le royaume.

Les grands projets de constructions sont abondants : le réseau routier est passé de 1.000 km en 2000 à 1.500 km en 2012, la ligne ferroviaire à grande vitesse Tanger - Casablanca (HSR), qui doit commencer à fonctionner en 2015, sera la première du genre en Afrique ; Tanger- Med (plus de 4 millions de conteneurs en 2013, 7 millions prévus en 2017) est le principal port d'Afrique en termes de transbordement. En outre, des plates-formes industrielles intégrées et des centres technologiques y sont en cours de développement.

L'OCP (leader mondial dans l'extraction et la transformation des phosphates) a également lancé un vaste programme d'investissements. Et les secteurs du tourisme et du logement contribuent aussi à la croissance. Des projets de développement notables sont en cours dans l'infrastructure hydraulique (y compris un barrage et une centrale hydroélectrique) et dans l'énergie (nouvelle centrale thermique à Safi par exemple), qui tous définissent de bonnes perspectives pour notre industrie et les autres marchés de la construction.

Cependant, les années du Maroc comme un "site ouvert" semblent être révolues. La consommation de ciment a chuté depuis 2012. À la fin août 2013, les ventes cumulées de ciment ont poursuivi leur tendance à la baisse avec un recul de 10,16% par rapport à la même période l'an dernier. Cette forte diminution est due à la récession économique en Europe et à l’instabilité politique des pays voisins du Maghreb, qui ralentit l'IDE.

Auparavant, le principal défi pour Sika Maroc était de rester compétitif dans un marché local où la majorité des concurrents offraient des produits beaucoup moins chers, mais de bien moindre qualité. Au cours des dernières années, la stratégie de la construction au Maroc a glissé vers le développement d’infrastructures et de bâtiments en collaboration avec les acteurs mondiaux.

Parmi les différents projets gouvernementaux, le programme « Villes sans bidonvilles;» favorise la création de logements sociaux. La loi de finances 2013 représente à cet égard de réelles opportunités, car elle fournit une série de mesures incitatives afin d'encourager la construction de nouveaux logements pour les classes moyennes.

En outre, le gouvernement travaille en ce moment sur un projet de loi de la construction, comprenant un contrôle accru de la qualité des matériaux recyclés. Ces nouvelles directives renforceront évidemment la position de Sika dans le marché de la construction au Maroc.
L'industrie automobile est en croissance et le réseau de distribution de nos produits spécialisés bénéficie d’un programme de modernisation. Les perspectives sont encourageantes, l'industrie du double vitrage est en pleine expansion tout comme les énergies renouvelables prévues pour la construction dans le sud du Maroc.

L'effort de Sika Maroc pour développer son système de gestion intégrée est une étape clé dans le processus initié par le Maroc ces dernières années. Sika Maroc encourage l'utilisation de matériaux de qualités ainsi que la construction d'infrastructures  écologiques et plus durables. Dans ce contexte, Sika Maroc offre une formation pour sensibiliser les laboratoires et les législateurs aux problèmes connexes.

Enfin, en terme d'engagement social, Sika Maroc dispense à ses employés une formation pour les aider à améliorer leurs compétences et méthodes professionnelles. Entre 2011 et 2013, plus d’une centaine d’employés ont participé à des sessions de formation, soit 88 heures de formation par personne en moyenne sur trois ans.

SIKA MAROC EST-ELLE ASSOCIÉE À DES GRANDS PROJETS DONT VOUS AIMERIEZ NOUS PARLER ?

Nos produits sont utilisés dans plusieurs grands projets au Maroc et nous voulons mettre en évidence deux des plus importants :

D’abord le projet Tanger- Med, l’un des plus grands complexes portuaires dans le bassin méditerranéen, auquel nous avons consacré beaucoup de temps et d'efforts, afin de devenir le principal fournisseur sur place en adjuvants de béton, agents de démoulage et autres produits pour mortiers. Pour assurer un meilleur service, nous avons ouvert un nouveau bureau à Tanger consacré en grande partie à ce compte clé.

Notre ingénieur civil basé à Tanger est spécialisé dans les applications de béton et d'étanchéité. Le succès de cette stratégie de proximité avec le client est tel que nous avons l'intention de la répéter sur d'autres sites clés dans différentes parties du pays.

Concernant le Morocco Mall, l'un des cinq plus grands centres commerciaux du monde, nous avons fourni notre gamme complète de produits de mélanges de béton, depuis les colles à carrelage jusqu’aux résines de revêtement pour la construction du parking de 80.000 m².

Par ailleurs Sika Maroc collabore au projet Marina de Casablanca, centre multifonctionnel de la ville de Casablanca.

Nous travaillons également sur d'autres grands projets tels que le nouveau port de Jorf Lasfar, les complexes industriels de l'OCP, ou encore la liaison ferroviaire à grande vitesse Tanger - Casablanca.

Quelles sont les prochaines étapes pour Sika Maroc ?

Nous allons continuer à renforcer notre position de leader au Maroc dans les matériaux de construction chimique et les segments industriels, en maintenant notre politique de recherche et de développement de produits et de solutions innovantes, et nous allons affiner notre stratégie commerciale de proximité à travers une présence régionale renforcée.

Suite à l'acquisition d’Axim Maroc par Sika Maroc en 2012, le principal défi a été d'intégrer la nouvelle équipe et de développer de solides communications entre les deux entités. Nous avons réussi à ce jour et il faut maintenant transformer l'essai en un coup gagnant. À long terme, notre objectif est de transférer la totalité de la production de produits en béton à l'usine d'Ain Sebaa entièrement automatisée (ancien Axim). Nous avons également entamé le processus de certification de la qualité pour le site de production Ain Sebaa, qui doit être achevé à la mi-2014.

Les départements des ressources humaines et de la qualité visent également la certification de conformité sociale. Cela nous aidera à améliorer notre politique sociale à travers l'application des directives et des procédures. Nous tenons également à mentionner que notre site principal basé à Bouskoura (près de Casablanca) est actuellement en cours de réaménagement, entraînant la réorganisation du site de production Pouder et l'extension de l'usine existante. La création de ce nouvel espace augmentera de 70% notre capacité de stockage et permettra de développer la capacité de production de mortier.

Ce projet de  construction comporte des aires de loisirs pour les employés. En 2014, nous prévoyons d'étendre les bureaux de l'administration, qui sont aussi dans la région de Bouskoura. Il convient également de noter que nous cherchons à attirer encore plus de visiteurs sur notre site Web en 2014 par le développement de nouveaux outils de web marketing.

Que souhaitez-vous personnellement pour votre pays dans l'avenir ?

Claude Juillard : Personnellement je tiens à ce que le Maroc continue à aller de l’avant, qu’il gagne des parts de marché dans l'économie mondiale et réussisse à maintenir un équilibre entre la concurrence et l'application sociale.

Nous vivons dans des temps troublés, et le Maroc a non seulement réussi à défendre sa position, mais il devient également un acteur clé, agissant comme un carrefour entre l'Afrique, surtout avec la Mauritanie, et d'autres parties du monde. En tant que directeur général, je ne suis que trop heureux d'être en mesure de travailler dans un environnement gagnant.

Marouane Zohry : Je suis directeur de béton et d'étanchéité, et responsable de tous les produits que nous fabriquons au Maroc. Titulaire d’un diplôme en génie civil d'une école renommée d'ingénierie, je suis directement impliqué dans la modernisation et le développement de plusieurs systèmes d'infrastructure dans mon pays.

Tout cela est certainement bon pour les affaires, mais cela représente aussi un grand pas en avant pour le Maroc, et je suis fier de pouvoir y contribuer. C’est pour cette raison que je consacre tous mes efforts à construire le meilleur environnement possible pour mes concitoyens et les générations futures.