UN BUS N’EST PAS UN SOUS-MARIN

Fondé en 1895 et établi en Hongrie, au coeur de l’Europe, le célèbre constructeur de bus Ikarus a fait figure d’acteur clé sur le marché mondial des transports en commun entre 1950 et 1989. Le prédécesseur de l’entreprise, Uhri Imre Blacksmith Workshop and Coach Factory, a ouvert ses portes à Budapest en 1895.

L’usine a reçu sa première commande majeure en 1924, lorsque la compagnie hongroise des chemins de fer, la MÁV, a passé commande pour un lot de remorques routières. Les bus Ikarus, dont la construction débute dans les années 1950, sont encore en service aujourd’hui aux quatre coins du monde.

IKARUS 280: LE BUS LE PLUS PRODUIT DANS LE MONDE

L’Ikarus 280 est le bus articulé le plus populaire à l’échelle internationale. Un total de 60 993 bus de ce modèle ont en effet quitté la chaîne de montage. Bien entendu, la crise économique actuelle a également un impact négatif sur l’économie hongroise, et un certain nombre d’investissements n’ont pas pu être concrétisés. C’est notamment le cas des nouveaux bus envisagés par la compagnie de transport en commun de Budapest, la BKV.

IL PLEUVAIT DANS LE BUS

Les images postées sur différents réseaux sociaux montrant des passagers assis dans leur bus abrités sous un parapluie soulignent le fait que plusieurs véhicules parmi les plus anciens ne sont plus étanches. Bien que les anciens bus Ikarus, dotés de toits en métal, soient particulièrement durables, après 20 à 25 ans de service, l’entreprise doit décider soit de les remplacer, soit de les réparer afin de prolonger leur durée de vie.

Les photos partagées par les clients sur les réseaux sociaux ont eu un tel impact négatif que l’entreprise a élevé la réparation des anciens véhicules au rang de priorité absolue.

QUELLE EST LA SOLUTION POUR RÉPARER LES BUS?

Gábor Farkas, directeur du marché cible de l’industrie chez Sika Hongrie nous explique la spécification du travail à réaliser pour la réparation des bus. "Notre mission consistait à assurer la rénovation complète du toit du véhicule en satisfaisant les conditions suivantes: le véhicule ne doit présenter aucune fuite" ; une solution doit être trouvée au problème des fuites au niveau du toit, elle devra rester efficace jusqu’à la mise au rebut du véhicule (dans 3 à 5 ans) ; la solution doit être relativement simple et rapide à mettre en oeuvre et pouvoir être appliquée à froid.

TECHNOLOGIE MTC : INUTILE DE PEINDRE LE TOIT

La BKV a confié des véhicules à plusieurs entreprises, parmi lesquelles Sika Hongrie, afin qu’elles puissent étudier les méthodes de réparation envisageables. Il a fallu écarter la solution des joints d’étanchéité classiques, car de grandes portions du toit étaient en très mauvais état. Nous avons alors pensé à appliquer un enduit résistant aux intempéries présentant une bonne adhérence sur les surfaces peintes.Après avoir consulté le Key Account Manager en charge des toitures, nous avons décidé d’utiliser la technologie SikaRoof MT C, qui repose sur la polymérisation catalysée par l’humidité.

La technologie MT C présente une bonne résistance aux UV , ce qui nous offre l’avantage supplémentaire de ne pas devoir peindre le toit. Grâce à cet atout, notre solution s’est avérée plus économique que celles de nos concurrents, qui nécessitaient toutes l’application d’une couche de peinture une fois les travaux d’étanchéité terminés. Pour obtenir le contrat, une condition supplémentaire imposait que le véhicule prêté par la BKV ait été réparé.»

LE VRAIS DÉFI ÉTÉ D'ÉTANCHÉIFIER LE TOIT EN ACIER

Cette réparation a été réalisée par le technicien en toiture Zoltán Dávid, qui nous présente les aspects techniques de la tâche: «Sur les parties intactes du toit du bus, nous avons appliqué le système SikaRoof MTC 8, tandis que nous avons traité les portions endommagées et corrodées à l’aide du système SikaRoof MT C 15, complété d’un produit de renforcement. En guise de primaire pour le système MT C 8, nous avons utilisé du Sika Zinc Phosphate Primer sur les surfaces métalliques et du Sika Bonding Primer sur les surfaces peintes.

La couche de finition a été réalisée en Sikalastic-621 TC afin d’assurer l’étanchéité. Lorsque nous travaillions avec le système MT C 15, nous appliquions le Sikalastic-621 TC en deux étapes, incorporant le Sika Reemat Premium dans la première couche et appliquant ensuite une couche de finition. Le véritable défi consistait à garantir l’étanchéisation efficace du toit en acier, car celui-ci présentait différents degrés de corrosion.

Il fallait vraiment combiner les deux systèmes. Sika Reemat Premium a été utilisé sur toutes les portions de la carrosserie les plus exposées aux dommages causés par les intempéries, telles que les parties courbées ou la rainure d’écoulement de chaque côté du bus

1000 VÉHICULES EN ATTENTE DE RÉPARATION

Gábor Farkas précise: "La réparation complète du toit a pris entre 12 et 14 heures, mais ce délai peut être réduit à mesure que les tâches deviennent plus routinières." Le véhicule a été remis en service à la fin du mois de mars, juste après avoir été réparé. L’évaluation des "bus tests" par la BKV était attendue pour la fin du mois de juin.

Dans l’intervalle, la solution de Sika a déjà résisté avec fruit à de nombreuses tempêtes. Bien que l’évaluation n’ait pas encore été réalisée, la BKV a d’ores et déjà commandé du matériel pour procéder à la rénovation du toit d’autres bus, car elle apprécie la solution proposée. Mille véhicules sont ainsi en attente de réparation.  

RÉFÉRENCES DANS L’INDUSTRIE AUTOMOBILE ET FERROVIAIRE

Sika peut s’appuyer sur son expérience en matière de restauration de toits de bus en tant que référence pour d’autres secteurs de l’industrie automobile ou, par exemple, pour les réparations de toit sur le matériel roulant ferroviaire. La technologie applicable à froid présente un avantage, car elle ne nécessite pas d’enlever le revêtement intérieur du véhicule. Sans oublier qu’elle permet de réduire le temps de travail de 2 à 3 jours.

Puisque le revêtement intérieur peut être maintenu, les clients pourront profiter pendant quelques années encore de bus au look rétro, en souvenir du bon vieux temps. Pour ce qui est des nouvelles générations, nées après l’âge d’or d’Ikarus, elles auront encore l’honneur de connaître ces merveilles et de s’asseoir dans le bus dont la production a battu tous les records en termes de nombre d’exemplaires. C’est tout simplement extraordinaire de voir ces véhicules en service après toutes ces années.